De coeur à coeur
Les conversations de salon et les convenances sociales m’ont toujours profondément ennuyé. Et je fuyais fort efficacement mes “semblables”, pour ne pas leur ressembler justement, ou parce que je n’étais pas comme eux.
J’en arrivais à me marginaliser et à suspecter que j’étais définitivement asocial ou misanthrope.
Que nenni! Je me suis en fait aperçu, avec un soulagement étonné, que j’aime profondément l’être humain dans son essence.
J’aime le coeur de l’être, et non ses masques. J’aime la profondeur de la personne en face de moi, et non ses signes sociaux extérieurs.
En fait, j’aime ce qu’il “est”, non ce qu’il “fait” dans la vie.
Et c’est ce que nous sommes en vérité (bien caché sous les multiples jeux de rôles dans lesquels nous nous enfermons pour, soi-disant, nous protéger du monde environnant…), c’est ce que nous sommes au-delà de tout mensonge, en toute authenticité, qui rend chaque individu absolument unique.
J’aime partir à la découverte de l’autre, et me donner à connaître à lui. J’aime établir une vraie communication, de coeur à coeur.
Tout le reste m’indiffère à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Oh je sais faire: tenir des rôles, endosser des armures plus ou moins perméables, agir et réagir comme on l’attend de moi dans tel ou tel registre stéréotypé…mais tout cela m’ennuie désormais à mourir!
Non, la seule chose qui me fait vibrer, c’est la vie en toute authenticité, sans masque, sans garde-fou. En toute spontanéïté. En toute sincérité avec soi-même et avec autrui.
Certes, il faut commencer par se connaître soi-même réellement (pour ma part, c’est en bonne voie, merci Isa!), ne pas se mentir et parvenir à “casser la glace” pour aller au devant de l’autre sans faux-semblant.
Il faut oser communiquer ce que l’on est, ce à quoi on croit et ce qui est moteur en nous. Sans provocation, dans le respect de soi et de l’autre.
Il faut aussi savoir écouter et recevoir l’autre. Etre curieux de l’autre, de tout ce qui n’est pas soi.
Et partir en rencontre, en exploration sur le chemin de la Vie. Sans préjugé, en ouverture totale et avec enthousiasme.
Un échange réel peut alors s’établir. Une découverte mutuelle et sincère.
Et d’un seul coup tous les tabous tombent. Plus personne ne cherche à se montrer plus fort que l’on est. On trouve les mots pour communiquer enfin (quelle délivrance!) ses doutes, ses peurs, ses fragilités, ses ratages, et les leçons que la vie nous a données. En toute humilité.
Et l’on ose le pardon.
On ose même l’amour, sans fioriture, sans contrepartie, juste par élan spontané du coeur…
Souvent, je rêve d’un monde où les relations humaines seraient tout simplement naturelles.
Je rêve alors que je pourrais dire à toute personne dont la vie fait croiser mon chemin: “Tu es mon frère, ma soeur d’humanité, expose-moi qui tu es et voilà qui je suis.” Avec simplicité et authenticité.
Et je poursuivrais:”Et j’aime ce que tu es, je ne comprends pas tout, ta cohérence est différente de la mienne, tes valeurs de vie sont différentes des miennes, mais j’aime justement ces différences qui font que tu es ce que tu es. Nos points communs nous rassemblent, et tout ce qui te différencie de moi m’enrichit.”
C’est certes une belle utopie à l’échelle de l’humanité.
Mais cela peut commencer à l’échelle des personnes que l’on croise au quotidien, les proches, les relations…Puis le cercle peut s’agrandir progressivement…Quel pied ce serait!
Alors qu’est-ce qu’on attend: si l’on parlait vrai, de coeur à coeur, pour essayer. Juste une fois, pour observer les réactions autour de soi et ressentir les émotions que cela génère en soi…
En toute humanité, Christian.
