L’incidence du stress professionnel
Le stress intrinsèque stimule la créativité et la productivité dans un contexte d’assiduité irréprochable. Il n’est cependant pas sans risque : ses bénéfices à court terme peuvent complètement occulter des coûts importants à moyen et à long terme.
Pour les victimes potentielles du stress intrinsèque, le travail est devenu beaucoup plus qu’une occupation, c’est une préoccupation, voire une obsession. Pour l’individu comme pour l’organisation, la maîtrise et la gestion du stress intrinsèque demandent une démarche active de rationalisation. Il s’agit de contrôler le stress de ceux qui ne sont jamais malades et de prévenir des conséquences possibles comme l’hypertension et le burnout. (Voir la fiche pédagogique : La prévention du burnout)
Le stress extrinsèque chronique lié à la persistance de conflits est, au contraire, facilement identifiable par ses effets directs apparents comme la chute de la productivité et l’absentéisme. Ceux qui ne sont pas absents n’en ressentent pas moins insatisfaction, frustration et fatigue.
Dans un tel contexte, les risques d’erreurs augmentent et la sécurité des opérations peut être compromise. On néglige souvent les coûts indirects associés à la santé et à la sécurité du travail. Heureusement, la plupart de ces problèmes sont solubles. Par exemple, un conflit de rôle au sein d’un groupe, une fois diagnostiqué et reconnu, peut devenir l’occasion d’une réorganisation créative du travail. (Voir la fiche pédagogique : Gérer les conflits)
Le saviez-vous :
- Les dernières études fixent le montant des dépenses dues au stress et au burnout entre 800 millions et 1 milliard d’euros par an rien que pour la France. Ce montant couvre les soins de santé, notamment pour les maladies cardiovasculaires, les dépressions, les décès prématurés, mais aussi et dans une large mesure pour l’absentéisme !
- Dans les pays de l’Union européenne, les estimations fixent le montant des dépenses liées au stress entre 2,6 et 3,8% de leur PIB. Une anxiété pathologique touche 10 à 15 % de la population. C’est là un taux commun à tous les pays développés.
- Les Américains ont chiffré à 60 milliards de dollars le coût du stress dans les entreprises pour l’année 2001.
- Le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues et de 80% des demandes de mutation.
- En 1985, Le Canadian Institute Of Stress estimait que les coûts du stress au Canada représenteraient environ 1,5 milliard de dollars canadiens. Depuis lors, ces coûts seraient en croissance continue d’environ 16 % par année. On affirme même que les maladies inhérentes au stress sont en voie de devenir le problème de santé mentale le plus important.
- 75% des maladies cardiaques seraient liées au stress et 60% des visites chez le médecin auraient une cause inhérente au stress.
Les solutions
On ne peut laisser aller le cours naturel des choses. Les programmes de soutien et de développement des individus ont sans doute leur place. Ils permettent de gagner du temps, de minimiser les pertes et de ménager les victimes.
Mais il est aujourd’hui primordial d’agir sur les causes qui perturbent de façon continue l’équilibre entre les demandes de l’environnement et les capacités individuelles. Le défi pour les organisations, c’est d’avoir le courage d’admettre la déficience, la faille, l’erreur de conception ou de design.
Ne pas mener de réflexion à ce sujet peut, à court terme, éviter des dépenses immédiates et apparentes. Mais, à moyen terme, la non prise en compte de ce facteur peut s’avérer encore bien plus coûteuse.
Pour en savoir plus
- Article : Le burnout
- Article : Témoignage d’une victime du burnout
- Voir la fiche pédagogique : Gérer et maîtriser son stress
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