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Le burnout

Articles | Burnout | Stress | Vie professionnelle

Le terme burnout (en français, « brûlure intense ») était employé, à l’origine, pour désigner une panne irréversible d’un moteur qui a trop chauffé. Aujourd’hui, il est appliqué, par analogie, au syndrome d’épuisement professionnel.

Facteurs déclencheurs et importance du phénomène

Les difficultés économiques, structurelles de l’entreprise, la surcharge de travail devenue permanente, l’esprit de rivalité interne, les tristes pratiques de harcèlement, le tassement des hiérarchies, les restructurations et réorganisations permanentes, la dépersonnalisation des relations professionnelles… autant de facteurs qui génèrent l’épuisement professionnel en Occident. Il s’agit d’une psychopathologie récente, mais tout à fait réelle et dont les chiffres sont tristement alarmants. L’Inserm, dans une récente étude portant sur une enquête réalisée en 1998, annonce que plus de 3.000 décès par an, en France, pourraient être dus au burnout. D’autres études ont été menées, dans de nombreux pays occidentaux, parvenant au même genre de résultats.

Le burnout est donc un phénomène de civilisation, une déviance importante qu’il faut comprendre, prendre en compte, et autant que faire se peut, prévenir et régler.

La définition

Le burnout ou épuisement professionnel est un affaiblissement général accompagné d’une usure de l’énergie vitale. Il est provoqué par le caractère excessif des exigences que l’on s’impose ou qui sont imposées par l’extérieur : travail, famille, systèmes de valeurs ou de société.
Il fait suite à un état de stress (Voir l’article : Du stress professionnel au burnout) et compromet aussi bien nos forces, nos mécanismes de défense que nos ressources.

Cet état émotif est la conséquence d’un état de stress (Voir l’article : Les mécanismes du stress) devenu permanent et ingérable, qui modifie notre motivation, nos attitudes et notre comportement.

Il est souvent insidieux, car non seulement il touche les personnes souvent les plus dévouées, les plus idéalistes et les plus efficaces, mais en plus il n’est pas causé par un seul facteur ou traumatisme précis : il évolue lentement et sournoisement en causant une démoralisation générale.

Les symptômes

Malheureusement, lorsque le burnout se produit, les signes extérieurs peuvent être dramatiques : certains quittent leur bureau pour aller déjeuner, et on ne les revoit jamais, d’autres ont « un moment d’absence » au volant de leur voiture, d’autres encore sombrent dans l’alcoolisme qu’on dit « mondain » pour s’aider, croient-ils, à assumer le reste de la journée… quand il ne s’agit pas de cocaïne, dont l’usage est fréquemment constaté dans des métiers à fort stress tels les fameux « golden boys » (courtiers en bourse) américains. Malheureusement, dans certains cas, le burnout peut aussi conduire au suicide, voire même à un phénomène étrange, constaté tout d’abord au Japon, puis à présent aux Etats-Unis ainsi que dans quelques pays d’Europe : la mort subite en poste.

Quoi qu’il en soit, le traitement post burnout est long, difficile, et relève d’une approche médicale que nous n’aborderons pas ici.

Il en va tout autrement des symptômes associés à ce que nous appellerons le «*pré-burnout*». Ceux-ci sont largement identifiables au sein d’une entreprise, et bien que, pris isolément, aucun ne soit vraiment constitutif d’un phénomène alarmant, lorsqu’on assiste à un cumul, ce faisceau de comportements doit attirer tout particulièrement l’attention.

Les symptômes touchent trois composantes essentielles : le physique, l’émotionnel et le mental.

Symptômes précoces :

  • fatigue générale,
  • sentiment d’impuissance,
  • manque d’intérêt pour soi ou pour son travail,
  • surcharge de travail sur une période longue,
  • difficulté à « débrancher », à se détendre,
  • fonctionnement de type « automate »,
  • perte d’intérêt pour la vie sociale, les amis, la famille,
  • dévalorisation personnelle ou critiques systématiques à l’encontre de l’entreprise,
  • retard endémique le matin,

Symptômes de pré-burnout :

  • malaises ou étourdissements,
  • essoufflements, « coups de barre » de plus en plus fréquents,
  • hygiène alimentaire dégradée sans raison,
  • agressivité, coups de colère, crises de larmes,
  • recours aux anxiolytiques,
  • palpitations cardiaques ou tachycardie,
  • perte de présence ou d’attention sur courtes périodes,
  • accumulation d’erreurs, de fautes bénignes, de type étourderies…

Les solutions

La réponse à apporter au syndrome d’épuisement professionnel passe par deux étapes indispensables, abstraction faite du suivi médical post burnout :

Aspect collectif :

Il est indispensable d’informer de l’existence du phénomène et des méthodes de prévention adaptées. Dans cet esprit, certaines entreprises ont d’ores et déjà pris l’initiative louable de se doter de structures ayant pour mission d’analyser le stress interne.
Ces « observatoires du stress » agissent au niveau collectif et émettent des recommandations organisationnelles ou structurelles aboutissant à une diminution notoire des facteurs de stress internes.

Aspect individuel :

Dès lors qu’un élément présente un comportement susceptible d’être assimilé à une phase de pré-burnout, il est important que des actions d’accompagnement puissent être mises en œuvre de manière à qualifier le risque et à prévenir la survenance du syndrome. Les « workaholics » en particulier, devraient être détectés systématiquement (Voir l’article : Les workaholics, des candidats privilégiés au burnout).

Isarcenciel s’est spécialisée dans la démarche de prévention du burnout.

Nos consultants interviennent auprès du CHSST ou de la DRH pour former et informer les responsables d’équipes ou de services concernant les risques dus à l’épuisement professionnel, les méthodes de prévention et d’analyse.

Nous intervenons également en accompagnement individuel. Notre approche recouvre ici 4 domaines :

  • prise de conscience
  • plan d’action correctif avec repositionnement des priorités
  • clarté cognitive et intériorité
  • mise en œuvre du changement.

En effet, si le burnout est insidieux pour l’entourage, il l’est souvent aussi pour la personne touchée. Ses impératifs de réussite et de maintien en viennent à un tel point d’exigence que la prise de recul devient problématique.

Les solutions d’une prévention et d’une gestion du burnout sont pourtant connues. Elles passent par :

  • la formulation claire des attentes personnelles,
  • l’affirmation de soi,
  • la réévaluation du rapport au travail, des objectifs, de la gestion du temps,
  • et évidemment, la gestion efficace et préventive du stress professionnel.
    (Voir la fiche pédagogique : La prévention du burnout)

Pour en savoir plus