Du stress professionnel au burnout : une frontière imperceptible
Approche de la notion de stress professionnel
Pour bon nombre d’entre nous, le stress est un concept fourre-tout désignant un vague sentiment de malaise. Pourtant, le stress possède bien une définition précise et identifiable.
Par définition, le stress est une réponse de l’organisme aux facteurs d’agressions physiologiques et psychologiques ainsi qu’aux émotions qui nécessitent une adaptation. Il est donc essentiel et indispensable dans notre vie de tous les jours.
Dans l’entreprise, nous pouvons envisager le stress comme étant une réponse du travailleur devant des exigences de la situation. La réaction stressante se produit d’autant plus lorsque la personne doute de disposer des ressources nécessaires alors même qu’elle estime avoir à faire face. C’est donc l’incertitude de l’issue, comportant une probabilité d’échec, qui est susceptible de déclencher des « réactions de stress ». Mais aussi de façon plus inquiétante l’incertitude peut induire des « états de stress ». Ces situations de tension sont ainsi directement liées à la notion de contrôle de l’environnement de travail, tant par l’entreprise que par la personne elle-même.(Voir l’article : L’incidence du stress professionnel)
Distinction avec l’anxiété
Il est important de distinguer l’anxiété du stress. L’anxiété est une émotion, alors que le stress fait toujours référence à une situation qui nous oblige à nous adapter. Mais il ne peut être réduit à une simple émotion. En revanche, le stress produit presque toujours des émotions parmi lesquelles se trouve l’anxiété, au même titre que la joie ou la tristesse.
L’exemple du pilote de ligne est explicite. Lorsqu’il procède à la phase d’atterrissage, il ressent un stress directement lié à la responsabilité qu’il a vis à vis des passagers de l’avion. Mais il n’est pas anxieux pour autant car il maîtrise la technique. Quand la cause du stress cesse, la réaction de stress disparaît donc. En revanche une personne à tendance anxieuse continuera de ressentir des manifestations d’inquiétude et de tension même lorsque la situation stressante a cessé.
Les types de stress
On distingue deux catégories de stress, le stress événementiel lié aux changements et le stress quotidien.
Le stress événementiel
La première catégorie contient les événements de vie. Tous ces événements qu’ils soient positifs ou non sont à prendre en compte. Leur importance est liée aux changements qu’ils entraînent, soit matériel soit affectif. Les événements de vie sont porteurs de nouveautés qu’il faut assimiler : événement familial, promotion, modification des conditions de travail…
En fonction de la sensibilité et du contexte dans lequel l’individu vit, les changements ne sont pas ressentis de la même manière. Tout dépend de l’importance que la personne accorde au domaine concerné.
Le stress quotidien
Le stress quotidien quant à lui peut-être causé par un décalage entre les aspirations de l’individu et les réalisations à sa portée. L’impression ressentie alors crée un état d’insatisfaction générale. La mesure du rapport aspiration-satisfaction permet de déterminer le niveau de stress quotidien ressenti.
La répétition de stress quotidien peut conduire le sujet à un « état de stress » qui peut devenir permanent.
Le burnout
C’est lorsque cet « état de stress » devient permanent que peut apparaître le burnout ou syndrome de l’épuisement professionnel.
Aussi graves soient-ils, les symptômes sont malheureusement peu apparents à l’origine, ce qui induit souvent un dépistage tardif.
Etats de fatigue physique, émotionnelle et intellectuelle, affaiblissement physique, exténuation émotive, sentiments d’impuissance et de désespoir ainsi que développement chez le sujet d’une attitude négative, aussi bien envers lui-même qu’envers son travail, la vie et les gens… sont autant de signaux à prendre en considération.
Le burnout touche malheureusement les personnes les plus efficaces et dévouées au sein de l’entreprise. Elles sont les plus susceptibles d’être atteintes, parce qu’elles ont une présence assidue, gèrent de nombreuses urgences et restent tard pour finir leur travail. (Voir l’article : Les workaholics : des candidats privilégiés au burnout)
D’après les chiffres récents de l’INSERM, le burnout est à l’origine chaque année de la mort de plus de 3000 personnes en France.
Pourtant le burnout n’est pas une fatalité, il peut être combattu. Il existe des formations, des techniques de prévention et des prises en charge efficaces.
Une prise de conscience devient donc fondamentale afin de dépister au plus tôt les personnes touchées ! (Voir l’article : Le burnout)
Autres Liens :
- Article : Témoignage d’une victime du burnout
- Fiche pédagogique : La prévention du burnout
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