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Oser la différence

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Discussions

Savons-nous marquer nos différences?
Nous avons tous les mêmes attentes fondamentales de vivre la joie au coeur, d’aimer et d’être aimé, de pouvoir offrir à nos enfants un confort d’éveil à l’âge adulte, de nous épanouir avec notre conjoint et dans notre travail…
Mais sommes-nous pour autant tous semblables dans nos valeurs profondes? Avons-nous tous les mêmes priorités? Les mêmes centres d’intérêt? Les mêmes fantasmes? Les mêmes défauts? Les mêmes capacités et compétences physiques, intellectuelles, psychologiques…?
Alors pourquoi accepter de vivre suivant un modèle social normé? Pourquoi se fondre dans la masse au risque de perdre notre individualité?
N’est-ce pas pour cela que nous nous sentons si peu reconnu, respecté, aimé…par notre entourage, qu’il soit professionnel ou privé?
Si nous voulons que notre individualité soit reconnue, respectée, aimée…, encore faut-il la revendiquer, sans provocation ni triomphalisme, mais avec force et authenticité!
Oui, nous sommes tous différents, et tant mieux!
Un monde haut en couleurs variées, un patchwork, n’est-ce pas plus beau qu’un monde gris et terne où les seules nuances osées sont juste gris clair ou gris foncé?
Alors osons nos différences!
N’en déplaise aux quelques grincheux adeptes de l’uniformité…
Les différences de l’autre m’enrichissent: tiens, pourquoi pense-t-il ainsi? Pourquoi vit-il ainsi? Pourquoi a-t-il reçu mes paroles ou mon geste ainsi? Qu’a-t-il compris de ma formulation ou de mon intention? Qu’a-t-il voulu me dire vraiment par son attitude ou ses déclarations?
M’intéresser aux différences de l’autre, c’est la seule façon, selon moi, de comprendre réellement l’autre, y compris dans ses non-dits.
L’autre agit et réagit dans notre environnement proche différemment de moi, comment puis-je avoir une idée de le comprendre si je n’investis pas sa grille de lecture et de valeurs?
Et n’ayons pas peur des différences de l’autre! Cessons racisme et ostracisme, intéressons-nous à la diversité du genre humain! Le monde est tellement intéressant en dehors de notre nombril! Et nos tracasseries si lourdes s’allègent tellement si l’on prend le temps de regarder d’un oeil neuf autour de nous. Tout se relativise naturellement si nous acceptons que notre univers personnel s’ouvre à l’infini du genre humain…
Toutefois, pour revendiquer notre identité, il faut certes oser marquer ses différences, mais il faut aussi savoir qui l’on est vraiment. On revient toujours au même sujet… Vous êtes sur un site de connaissance de soi et de développement personnel!
Porter en étendard des valeurs que l’on croit siennes et s’apercevoir finalement que ces valeurs proclamées nous ont été dictées par des identifications, des inhibitions ou des projections, c’est un peu décevant le jour où l’on en prend conscience.
Mais cette prise de conscience est le début d’une exploration de notre identité réelle, en profondeur, derrière les faux-semblants…le début de notre propre libération…
Se libérer de notre “armure rouillée” (cf le merveilleux livre de Robert Fisher, “Le chevalier à l’armure rouillée”), un autre beau sujet de méditation ou d’humeur…
Cordialement, Christian.

Quelle est la vraie place de la société dans ce sujet ?

Bonjour Christian,

Vous abordez avec ce sujet une des difficultés poignantes existant dans notre société. Difficulté que l’on découvre souvent avec pertes et fracas à l’adolescence.

Le schéma social ne doit pas être un alibi.

Dans le fond, si l’on accuse le schéma social d’être notre bourreau, il n’est pas le seul, ou du moins il se répercute bien plus loin que nous ne le pensons parfois.

Avons-nous tous les mêmes valeurs, les mêmes passions ? Bien sur que non, et heureusement d’ailleurs. La différence est une richesse tellement inestimable!
Mais si la société nous propose des carcans préconçus, les parents ne sont-ils pas poussés à faire de même avec leurs enfants ?
C’est ici un point important et un problème tant pour les enfants que pour les parents !

Untel voudra que son fils soit absolument passionné par telle activité, l’autre voudra qu’il fasse telles études… autant d’exemples qui montrent la difficulté qui existe à faire coïncider soucis que nos enfants se sentent le mieux possible et respect pour autrui, en tant que personne à part.

Une extension illégitime

Nous avons aujourd’hui du mal à assumer notre différence et à la cultiver. L’entourage, les points de vues extérieurs, le regard de la société, la désapprobation générale, sont autant de choses que l’on nous a appris à ne pas contredire.

Pour moi, il ne s’agit ici que d’une extension illégitime. Oui, nous avons tous les mêmes règles de vie, oui les parents ont souvent raison lorsqu’ils nous donnent leurs avis, simplement parce qu’ils ont plus d’expérience de vie, oui il est important d’écouter ce que dit notre entourage, car il arrive que notre objectivité soit brouillée par notre sentiment… mais pourquoi vouloir absolument en faire des règles absolues ?

Si nous reconnaissons que nous pouvons nous tromper, il faut aussi que l’entourage, les points de vues extérieurs et le regard de la société fassent ce même constat en ce qui les concerne.

Si personne n’avaient jamais contre-dit l’opinion générale, de quoi devrions-nous nous passer aujourd’hui ? Si personne n’avaient jamais affronté l’idée établie que l’on doit faire comme les autres, où en seraient Christophe Colomb, Freud ou même l’initiateur du train ? Combien de progrès, de découvertes, d’évolution ou d’inventions n’auraient pas été faits aujourd’hui ?
Pourtant nous y sommes arrivés, parce que certains ont assumé leurs différences et ont eu le courage d’aller jusqu’au bout d’eux-mêmes et de ce qui les animait !

Etre soi-même est indissociable de la différence

Mais dans le fond être nous-même n’implique-t-il pas automatiquement la différence ? Nous sommes tous unique, nous avons nos goûts, nos pensées, notre passé, nos valeurs qui modèlent notre personnalité. Si nous trouvons parfois des similitudes qui nous rapprochent d’autres personnes, nous resterons quoiqu’il en soit unique tant que nous serons nous-même.

Alors pour reprendre la conclusion de Laure sur l’authenticité, la seule question vraiment importante est la suivante : Jusqu’où sommes-nous prêt à nous autoriser à nous-même la différence ?

Bonne journée
Stéph