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La fragilité de la vie

Christian's avatar
Connaissance de soi

Depuis qu’enfant j’ai pris conscience que la mort est indissociable de la vie, j’ai réalisé combien la vie est fragile et précieuse.
Mais dernièrement, j’ai découvert combien mes comportements au quotidien, et ce depuis l’enfance, étaient influencés, voire dictés, par cette émotion primaire d’insécurité que je ressens “dans mes tripes” face à cette fragilité de la vie!
Et je me suis surpris à constater que je “blinde” tout autour de moi, je “bétonne”, je fige les choses,je sclérose, je cloisonne, j’enregistre, je plannifie, je projette, je traque l’imprévu… comme pour sécuriser mon sentiment d’insécurité et emprisonner la vie qui n’est que sable s’écoulant dans un sablier ou à travers les doigts…
En fait, je ne fais que scléroser ma perception de la vie, m’alourdir et m’anesthésier au lieu de me laisser porter par le miracle renouvelé à chaque seconde de la vie qui pétille tout autour de moi!
Réaliser que nous ne reverrons peut-être pas le soir-même les êtres chers à qui nous disons, parfois trop vite et trop légèrement, “au revoir” le matin …parce qu’un accident de la vie, forcément stupide et tragique, aura interrompu le cours de notre bonheur partagé, c’est certes une vision réaliste de la fragilité de la vie.
Mais, il ne faut pas sombrer dans la crainte permanente du danger imminent!
Et, personnellement, je n’ai par contre jamais cédé à la pensée que j’entends parfois ici ou là que la vie est une absurdité, que tout est fugace, que “nous sommes peu de chose”: “à quoi bon lutter” et bâtir sur du sable?…
Reconnaître la réalité que la vie est fragile peut, à mon sens, positivement approfondir notre conscience du cadeau et de la beauté de la vie.
Ne pas remettre à demain, par exemple, les mots d’amour que l’on a sur le bord du coeur et que l’on n’ose pas dire.
Ou prendre le temps de regarder vraiment et d’écouter vraiment l’interlocuteur qui croise notre chemin.
En fait, la prise de conscience que tout peut brutalement s’arrêter devrait, selon moi, nous pousser à respecter (en toute circonstance) et à célébrer (à chaque seconde) ce qu’il y a de précieux et d’unique dans la vie humaine, animale, végétale, minérale, dont nous faisons partie intégrante, dans laquelle nous baignons…
Nous sommes un avec l’univers, et chaque être vivant constitutif de ce tout est en même temps unique et précieux!
Et, finalement, tout cela ne donne-t-il pas à la vie une force infinie qui dépasse notre condition humaine?
Et vous, avez-vous déjà ressenti cette émotion d’insécurité?
Et cette émotion d’unicité et de globalité?
Quelle est votre vision de la vie?
Merveilleuse? Précieuse? Fragile? Fugace? Absurde?…
Dans l’attente de vous lire…
Cordialement, Christian.

Christian's avatar

De l'utilité du doute et de l'imprévu

Bonjour!
J’ai personnellement tellement redouté le vide, le silence, l’absence de réponse, la mort, l’inutilité de ma vie…, que j’ai occupé mon temps à la remplir de bruit et de convictions, de planifications et de choses forcément très importantes à mes yeux, de réponses des autres (qui finalement n’en savaient pas plus que moi) ou de belles constructions mentales personnelles.
Il me fallait justifier ma vie, et surtout me rassurer pour oublier que rien ne dure et que la vie est fragile…
Beaucoup d’êtres cherchent à laisser l’empreinte de leur passage, comme pour se survivre, et se grisent de “après moi, le déluge” ou de “j’en profite un maximum, on n’a qu’une vie…” pour lutter contre le vertige de notre finitude et de toutes nos ignorances.
Car la science explique beaucoup de choses aujourd’hui sur le “comment ça fonctionne”, voire sur le “pourquoi ça fonctionne”, mais les questions essentielles comme celle du sens de la vie restent sans réponse…Ou alors , nos scientifiques parlent de hasard, de nécessité, d’absence de sens…
Les religions, et derrière tous les spiritualistes et leur cortège de charlatans et de gourous, tentent d’apporter des réponses, dans de belles envolées où leur Vérité rivalisent avec l’intolérance, la suffisance, la manipulation et les suppositions gratuites…Rien n’est démontrable, ni démontré, parce que nous touchons au domaine de la foi dans lequel la science et la raison humaine n’ont pas leur place…
Mais pourquoi vouloir à tout prix percer le mystère de la vie?
Pourquoi ne pas l’accepter et vivre avec le doute?
Le sens de la vie et d’autres questions annexes restent-ils inaccessibles à notre entendement, quoi qu’on y fasse? Soit, j’en accepte le constat.
Et vive le doute!
Le doute me laisse la place au rêve et à l’imaginaire. Je peux en toute liberté forger ma foi (et non celle que veulent me dicter tous ces “docteurs” en théologie ou en spiritualité), émettre mes espoirs, voire vagabonder sur mes fantasmes. Et tout remettre en cause au gré de mes envies ou de mon vécu…
Comme l’écrit Eric-Emmanuel Schmitt, un auteur que j’aime beaucoup, dans son très beau livre “Hôtel des deux mondes”: “Comme c’est bon! Jouer avec les hypothèses comme avec des bulles de savon. Et lorsqu’on ne sait plus, imaginer encore…”
Et le fait que je ne me barde plus de convictions me rend plus perméable à tout ce qui aurait pu heurter ces convictions et n’obtenir qu’un rejet dédaigneux de ma part. Je deviens réceptif à tout ce qui me surprend, je m’enrichis de tout ce que le monde veut bien m’apprendre, et j’accepte enfin de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre…J’accepte de me laisser porter par la vie, fluctuante et puissante, imprévisible et tellement colorée…
Sur mon besoin de compartimenter mon temps à venir pour ne laisser aucune place à l’imprévu, j’ai changé de la même façon mon état d’esprit.
Désormais, même si de vieux réflexes tentent parfois de balayer l’imprévu qui se présente à moi sans même le considérer un instant, je m’applique à devenir ouvert aux situations imprévues, aux visites imprévues, aux épreuves qui s’invitent dans ma vie à mon insu.
Comme le dit souvent Isabelle Pajor: “Qu’est-ce que je vais apprendre aujourd’hui grâce à cette épreuve?”
Et je vous garantis que la vie devient ainsi bien plus légère et intéressante.
Mon ouverture n’enlève rien à la difficulté de l’épreuve que je traverse, mais je suis disponible et favorable à la vivre, je trouve forcément plus vite la juste réponse, et je n’ai pas perdu de temps et d’énergie à pester contre la survenue de l’épreuve. Elle est, c’est tout, et j’accepte de faire corps avec elle, et je la dépasse, et j’en sors enrichi. Même si “l’enrichissement” est une cicatrice émotionnelle…C’est l’expérience de la vie. A quoi servirait de s’y opposer ou de la nier, sinon à rater la leçon que la vie nous donne?
Et cette expérience-là, elle est mienne, elle est tangible. Ce que j’en ai compris, je l’ai vécu.
Et vous, quelle place laissez-vous au doute et à l’imprévu dans votre façon d’appréhender la vie?
Cordialement, Christian.