La fragilité de la vie
Depuis qu’enfant j’ai pris conscience que la mort est indissociable de la vie, j’ai réalisé combien la vie est fragile et précieuse.
Mais dernièrement, j’ai découvert combien mes comportements au quotidien, et ce depuis l’enfance, étaient influencés, voire dictés, par cette émotion primaire d’insécurité que je ressens “dans mes tripes” face à cette fragilité de la vie!
Et je me suis surpris à constater que je “blinde” tout autour de moi, je “bétonne”, je fige les choses,je sclérose, je cloisonne, j’enregistre, je plannifie, je projette, je traque l’imprévu… comme pour sécuriser mon sentiment d’insécurité et emprisonner la vie qui n’est que sable s’écoulant dans un sablier ou à travers les doigts…
En fait, je ne fais que scléroser ma perception de la vie, m’alourdir et m’anesthésier au lieu de me laisser porter par le miracle renouvelé à chaque seconde de la vie qui pétille tout autour de moi!
Réaliser que nous ne reverrons peut-être pas le soir-même les êtres chers à qui nous disons, parfois trop vite et trop légèrement, “au revoir” le matin …parce qu’un accident de la vie, forcément stupide et tragique, aura interrompu le cours de notre bonheur partagé, c’est certes une vision réaliste de la fragilité de la vie.
Mais, il ne faut pas sombrer dans la crainte permanente du danger imminent!
Et, personnellement, je n’ai par contre jamais cédé à la pensée que j’entends parfois ici ou là que la vie est une absurdité, que tout est fugace, que “nous sommes peu de chose”: “à quoi bon lutter” et bâtir sur du sable?…
Reconnaître la réalité que la vie est fragile peut, à mon sens, positivement approfondir notre conscience du cadeau et de la beauté de la vie.
Ne pas remettre à demain, par exemple, les mots d’amour que l’on a sur le bord du coeur et que l’on n’ose pas dire.
Ou prendre le temps de regarder vraiment et d’écouter vraiment l’interlocuteur qui croise notre chemin.
En fait, la prise de conscience que tout peut brutalement s’arrêter devrait, selon moi, nous pousser à respecter (en toute circonstance) et à célébrer (à chaque seconde) ce qu’il y a de précieux et d’unique dans la vie humaine, animale, végétale, minérale, dont nous faisons partie intégrante, dans laquelle nous baignons…
Nous sommes un avec l’univers, et chaque être vivant constitutif de ce tout est en même temps unique et précieux!
Et, finalement, tout cela ne donne-t-il pas à la vie une force infinie qui dépasse notre condition humaine?
Et vous, avez-vous déjà ressenti cette émotion d’insécurité?
Et cette émotion d’unicité et de globalité?
Quelle est votre vision de la vie?
Merveilleuse? Précieuse? Fragile? Fugace? Absurde?…
Dans l’attente de vous lire…
Cordialement, Christian.
