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Le métier de parent

Christian's avatar
Famille

Bonjour!
Quel beau “métier” que celui de parent! Quel bonheur et quel cadeau de la vie!
Et pourtant quelle source de doutes, d’inquiétudes, de stress, de responsabilités de tous les moments!
Comment être parent aujourd’hui, dans une société de consommation/production qui nous formate…et formate nos enfants à notre insu? Quelles valeurs leur transmettre? Comment découvrir la richesse et l’unicité de la personnalité de chacun de nos enfants? Comment développer une réelle écoute de la problématique d’épanouissement de chacun et comment les accompagner au mieux dans leur développement à l’âge adulte?
Comment envisagez-vous l’engagement que les parents prennent vis-à-vis de leur enfant en le mettant au monde?
Ayant moi-même la responsabilité de cinq enfants, je continue à me poser bien des questions sur mon rôle de parent…
Merci de me donner votre avis pour alimenter ma réflexion personnelle, et peut-être aussi celle de ceux qui s’intéresseront à ce sujet de discussion…

famille je t'aime et tu me fais souffrir

je fais souvent ce rêve d’une harmonie simple et tranquille au sein de la famille. Etre parent, c’est du bonheur, de la souffrance aussi. Hélas, les plateaux de la balance ne sont pas toujours équilibrés.
une vieille et sage maxime dit que l’on ne fait pas ses enfants pour soi. Si cela était aussi vrai, nous aurions à coeur de leur transmettre autre chose que ce qui nous a nourri.
personnellement aimée, choyée dans mon enfance, puis dans mon adolescence, j’ai du instinctivement reproduire le schéma d’amour de mes parents et de mes grands-parents. parfois je me fais la réflexion que j’ai transmis comme un flambeau, un relais qui porte en lui toutes les lumières de ceux que j’aime, une enveloppe protectrice et peut-être aussi parfois sur-protectrice.
nos enfants ne sont pas nous. ils ne partagent pas les mêmes idées sur les choses de la vie. parfois nous rageons à les voir emprunter des chemins difficiles qui les font souffrir et à notre tour, nous absorbons cette souffrance.
nous aimerions continuer à les protéger et nous rendons compte parfois un peu tard que nous les avons fragilisés.
Où est la vérité ? qui la détient ? Vous avez posé Christian des questions sur les valeurs, l’accompagnement et l’engagement des parents. Pour ceux qui pensent réellement assumer au mieux le rôle de parent, je peux vous assurer qu’il y a des questions qui semblent sans réponse.
Peut-être faudrait-il se poser celle de savoir ce qu’attendait l’enfant que nous étions et ce que la vie lui a apporté et continue de lui apporter, car l’enfant que nous avons été nous accompagne tout au long de notre existence et parfois il faut savoir lui tendre la main.
ce qui est certain c’est que je n’ai sûrement pas apporté d’eau à votre moulin et que mes réflexions doivent encore apporter un lot de questions…

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Nous sommes responsables de l'harmonie intérieure de nos enfant

Je rebondis sur votre contribution, chère Nina, à ce sujet de réflexion sur la merveilleuse responsabilité de parent.
Vous parlez à juste titre de “l’enfant que nous avons été” et qui “nous accompagne tout au long de notre existence”. Je connais bien cette notion “d’enfant intérieur”, cette trace en nous de l’enfant que nous avons été, avec ses souffrances et ses émotions figées à vie et pourtant si récurrentes dans notre existence adulte… J’ai travaillé sur mon “enfant intérieur” avec Isa et l’on imagine mal comment notre vie “adulte” peut être influencée, déterminée ou nourrie par cette empreinte émotionnelle de notre propre enfance…
Alors quand en plus, en tant que parent, nous devons cadrer la propre enfance de nos “p’tits bouts”, les choses se compliquent.
Car, effectivement, chère Nina, “nos enfants ne sont pas nous” et gardons-nous de reproduire ce que nous avons reçu de nos propres parents sans réfléchir: ce qui nous convenait en tant qu’enfant peut bien ne pas convenir à la personnalité de nos enfants (sans parler de l’époque qui a changé).
A l’opposé, gardons-nous de rejeter systématiquement ce qui nous a personnellement fait souffrir en tant qu’enfant, car nos enfants ne souffriraient pas forcément de la même chose que nous…
Bref, je pense que pour être attentif aux véritables attentes de chacun de nos enfants, pour adapter notre éducation à la personnalité de chacun d’eux, il faut que le parent en nous se libère de son propre “enfant intérieur”.
Accompagner un enfant jusqu’à son autonomie adulte, le préparer à vivre “debout”, avec des valeurs morales et sa cohérence personnelle, avec une connaissance de ses propres qualités et défauts, avec une confiance en lui et en la vie, c’est une quète d’harmonie permanente.
Lorsque l’enfant devenu grand quitte notre foyer familial pour “voler de ses propres ailes”, il est de notre responsabilité d’avoir contribué à ce qu’il vive cette harmonie en lui pour poursuivre son chemin de vie. Il n’en sera que plus fort et serein.
Bien cordialement, Christian.