Skip navigation.

Tolérance

Christian's avatar
Discussions

Bonjour!
J’aimerais soumettre à votre sagacité un autre sujet de réflexion: la tolérance.
Qu’est-ce que la tolérance? Comment s’exerce-t-elle vis-à-vis des acteurs de notre environnement professionnel ou familial, public ou intime?
La tolérance est-elle l’acceptation indifférente des différences dès l’instant où cela ne perturbe pas mes valeurs personnelles et n’interfère pas dans ma façon de vivre?
Ou bien la tolérance est-elle la découverte des différences de l’autre, l’émerveillement à la compréhension d’une autre façon de penser et de vivre? En quoi cela peut-il alors nous enrichir?
Quels sont les limites personnelles à la tolérance? Et la tolérance ouvre-t-elle la porte à la permissivité?

hercule's avatar

Hercule J'opterai pour la de

Hercule
J’opterai pour la deuxième définition, c’est à dire celle de l’acceptation des différences et l’enrichissement personnelle qu’elles peuvent nous apporter. Quelle tristesse serait le monde si nous vivions qu’avec des semblables…un monde de clones. Imaginez. La tolérance c’est accepter que l’autre soit différent de vous, qu’il puisse penser autrement, et vivre différement. Mais effectivement chacun a été éduqué avec des valeurs et des principes. Et accepter l’autre ce n’est pas forcément tout cautionner. Exemple : sous la banière de différences ethniques, est on capable d’accepter ou de tolérer certaines traditions : la bourka des femmes afghanes qui les avilisse, l’excision des jeunes filles, la polygamie, les coutumes canibales…Je suis très tolérante mais dès que cela outrage les droits fondamentaux de l’homme et de la femme, je dit stop. Et je conclurai par : “la liberté des uns se termine là où celle des autres commence…”

Isa's avatar

premiers pas vers la tolérance...

Premiers pas vers la tolérance…

« J’en veux pas ! »

Bon nombre de parents, proposant un nouvel aliment à leur enfant d’à peine trois ou quatre ans se sont vus asséner par leur jeune tête blonde cette phrase aussi péremptoire que définitive…
L’occasion, dès le plus jeune âge, de préparer l’enfant à accueillir la différence, socle de la tolérance, à mon avis.

Que veut dire l’enfant ?

Il exprime par ce rejet de base qu’il ne veut rien de nouveau dans son monde. Toute nouveauté lui fait peur, il la rejette comme une menace qu’il ne veut pas affronter. Comportement instinctif, primaire, défensif.

Quelle réponse apporter à cette affirmation ?

Témoin de ce genre de scène, j’ai vu plusieurs type de réactions parentales.

« Que veux-tu à la place ? »

Signifie clairement à l’enfant que la menace est écartée, et que sera substitué un plat habituel à cette nouveauté. On conforte l’enfant dans une attitude conformisme, on n’éveille pas sa curiosité.
La nouveauté, et par là-même l’apprentissage de la différence sont dans cette occasion écartées du processus éducatif. L’enfant se trouve validé par l ‘adulte dans son droit de rejeter tout ce qui ne lui est pas familier.

Que deviendront, s’ils n’évoluent pas, tous ces enfants lorsqu’ils seront devenus grands ?
Il y a fort à parier qu’ils adoptent une attitude protectionniste, tournant le dos résolument à tout ce qui leur semblera externe à leur système de valeur. Grands adeptes du jugement a priori, général et définitif. Des « Ce n’est pas bon! » plutôt que des « Je n’aime pas cela! »

« Tu goûtes avant de dire que tu n’aimes pas »

L’enfant est alors poussé par l’adulte à oser. Il doit sortir de son monde, de ses repères, pour se lancer dans l’inconnu, à la découverte de la différence.

Pour peu qu’on lui donne la possibilité de formuler son opinion personnelle, il finira par aborder la nouveauté avec ouverture et intérêt, établissant un ordre de préférences, qu’il confrontera à celui des autres.

Devenu adulte à son tour, il aura plus facilement tendance à tester, se montrera plus volontiers curieux et ouvert, tout en posant clairement son opinion personnelle. Des « J’ai goûté, certains aiment, moi pas! »

« Tu manges ce que l’on te donne et tu te tais ! »

L’enfant subit alors la nouveauté comme une sanction, une punition. Lorsque un nouveau plat se présente, il constitue une menace, une obligation. On ne lui autorise aucun avis personnel, aucune opinion, aucune préférence.

Au fil du temps, l’enfant banalise la nouveauté, la différence. Pourquoi chercher à développer un goût ou à émettre un désir puisque tout est consommable, indifféremment ? Il garde ses avis pour lui, en apparence indifférent à tout.

Mais se donnera-t-il un jour le droit, devenu adulte, de formuler son opinion ? Et s’il le fait, quelle forme cette affirmation de soi, enfin rendue possible prendra-t-elle ?

Bon nombre de comportement intolérants ne sont-ils pas issus de toutes ces souffrances infantiles, de cette impossibilité de se dire et de se faire respecter, même tout petit, dans ses opinions à soi ?
Des « Ca m’est égal! » ou au contraire des « C’est non, et je n’ai pas à me justifier! »

Certes, de nombreuses nuances sont possibles

Fort heureusement l’éducation ne comporte pas que ce sujet alimentaire ! Les êtres évoluent, progressent, et repoussent tout au long de l’existence les frontières de leur monde. Le trait est sans doute poussé, mais il s’agit d’une illustration, non d’une fatalité…

En conclusion, la tolérance est pour moi constituée de deux éléments indissociables :

  • La conscience, l’ouverture à la différence, l’envie de tester, de comprendre, de « goûter »…
  • La capacité à positionner cette différence par rapport à soi, ce qui inclue évidemment le droit inaliénable de la rejeter de son périmètre personnel, tout en admettant que d’autres s’y sentent à l’aise.

Et comme disait Voltaire :

« Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous ayez le droit de le dire ! ».