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"Le choix de Jerry"

Voici une légende urbaine qui nous a émue. L’histoire circulait sur le net et a été interceptée par Christian, l’un de nos membres, qui nous l’a envoyée, il y a quelques jours.
Nous avons choisi de la publier et de la faire figurer dans la newsletter de l’automne.

Jerry est un homme de la rue, mais sa philosophie est digne de toutes les sagesses du monde ! Voici donc son histoire…

Jerry m’apparaissait comme un être exceptionnel.
Il n’était pourtant qu’un simple gérant de restaurant, mais lorsqu’on lui demandait comme il allait, il répondait toujours:

« Si je devais aller mieux, il faudrait que je sois plusieurs ! »

Son personnel lui était extrêmement dévoué et lorsqu’il changeait de restaurant, son équipe le suivait sans hésiter. Il savait en effet traiter ses employés avec égard. Il parvenait à les motiver, à les rendre toujours plus enthousiastes. Certains auraient pu dire que Jerry était né avec le don de savoir motiver les autres. Mais il savait tout simplement tenir compte des qualités et des valeurs des autres.
C’était là l’un de ses secrets.

Profondément étonné par son attitude toujours positive, j’allai un jour lui poser la question qui me brûlait les lèvres :
« Mais enfin Jerry, comment fais-tu pour être toujours d’aussi bonne humeur! Je ne comprends pas, tout le monde a des problèmes, des difficultés qui lui pèsent, comment est-il possible d’avoir sans cesse autant d’enthousiasme ? »

Jerry sourit à ma question, et répondit avec calme et conviction :

« Chaque matin, à mon réveil, je me fais la réflexion qu’un choix se présente à moi : soit je suis de bonne humeur et je regarde la vie avec sourire et confiance, soit je plonge dans la dynamique inverse, et me laisse gagner par une attitude négative ! Je choisis bien sur toujours la première solution.

De la même façon, lorsqu’une difficulté ralentit ma route, je peux choisir d’être une victime ou bien d’apprendre. Je choisis toujours d’apprendre. Ainsi lorsqu’une difficulté similaire se présentera à nouveau, elle ne ralentira pas ma route, puisque j’aurai appris à la dépasser facilement.

Enfin, lorsque l’on vient se plaindre à moi, soit je choisis de me taire, soit je tente de faire ressortir le côté positif de la situation. Je choisis toujours la deuxième solution, car se taire n’aidera pas la personne à vouloir apprendre. »

Je ne pus me retenir devant un tel discours :

« Mais enfin Jerry, ce n’est pas toujours aussi simple ! »

« Bien sûr que ça l’est! Tout dans la vie est une question de choix ! Après avoir mis de côté tous les détails superflus, chaque situation présente une alternative.
C’est toujours nous qui choisissons comment réagir à une situation, de quelle manière les gens ou les évènements peuvent affecter notre humeur.
Nous choisissons de la même façon d’être empli de gaîté ou de sombrer dans le négativisme.
Nous choissions de nous vexer ou bien d’accepter d’entendre les mots que l’on nous dit, nous choisissons de comprendre et d’être fort ou de nous laisser submerger par les difficultés. En résumé, nous choisissons toujours la façon dont nous vivons notre vie. »

Quelques années plus tard, j’appris une terrible nouvelle. Jerry avait commis l’erreur de ne pas fermer la porte arrière de son restaurant. Cela lui avait valu de se faire cambrioler. Ce matin-là les voleurs l’avait menacé d’une arme afin de l’obliger à ouvrir le coffre. Alors qu’il composait le code, sa main tremblante glissa sur la manette. A la vue de ce geste brutal, l’un des voleurs paniqua et fit feu.
Par chance Jerry fut rapidement trouvé et emmené à l’hôpital.
Après dix-huit heures de chirurgie et des semaines de soins intensifs, il lui fut enfin possible de quitter l’hôpital… avec des fragments de balles pour toujours dans son corps !

Je le rencontrai environ six mois après cet accident.
Inquiet de son état, je lui demandai comment il se portait après avoir traversé cette épreuve si difficile. Contre toute attente, il me répondit :

« Si je devais aller mieux, il faudrait que je sois plusieurs. »

Abasourdi, je cherchai à comprendre comme il était possible d’aller bien après un épisode aussi douloureux :

« Mais qu’as-tu donc pensé lors du cambriolage ? »

« Je m’en suis d’abord voulu d’avoir oublié de fermer la porte arrière. Mais lorsque le coup de feu m’a atteint je me suis dit que j’avais un choix à faire, comme toujours : décider de vivre ou de mourir. »

« Tu n’as pas eu peur ? »

« Les ambulanciers ont vraiment été formidables. Ils ne cessaient de me répéter que tout irait bien. Mais lorsque nous sommes arrivés aux urgences, j’ai vu l’expression sur le visage des médecins, je pouvais lire dans leurs yeux que j’étais un homme mort ! »

« Et alors, que s’est-il passé ? »

« Il y avait une infirmière qui me hurlait des questions. Lorsqu’elle me demanda si j’étais allergique à quelque chose, je répondis : « oui, aux balles de fusils ! »

« Cette réponse détendit profondément l’atmosphère. Lorsqu’ils eurent fini de rire, je leur fis ma demande : « J’ai décidé de vivre! S’il vous plait, opérez-moi! Opérez-moi comme si j’avais des chances de survivre, ne me voyez surtout pas comme un homme mort ! »

Jerry survécut grâce à la compétence des médecins, mais surtout parce qu’il avait su conserver son attitude positive.

Il m’apprit qu’à chaque instant que nous traversons, nous avons le choix de jouir de la vie ou de la détester.
La seule chose qui nous appartienne totalement, c’est « le choix de Jerry ». Jamais personne ne pourra nous dicter notre choix. Nous en sommes complètement et absolument responsable.

En décidant d’aller toujours dans le sens le plus positif, notre flamme de vie ne peut que grandir, allumer notre bonheur et éclairer ceux qui croisent notre route.